mardi 4 octobre 2016

 Le phénomène du tsunami


Les tsunamis sont provoqués généralement par des séismes sous-marins dans les zones à forts mouvements tectoniques, comme certaines régions du Pacifique et d'Asie. 
L'archipel des Salomon, où au moins 15 personnes ont péri, se trouve entre la Papouasie-Nouvelle Guinée et Vanuatu, au nord-est de l'Australie, dans une zone de subduction avec la plaque australienne où l'activité sismique est importante. 
Si la plupart des tsunamis se produisent après un séisme, d'autres origines sont possibles, selon le géophysicien et spécialiste français des tsunamis Emile A. Oka: des avalanches sous-marines, parfois dues à des séismes (2.000 morts en Papouasie-Nouvelle Guinée, 1998), l'explosion d'un volcan (36.400 morts dans l'île de Krakatoa, entre Java et Sumatra, août 1883) ou la chute d'un astéroïde dans l'eau. 
De petits raz-de-marée peuvent aussi être provoqués par des phénomènes météorologiques, notamment de violents échanges thermiques qui entraînent des dépressions à l'origine de vents violents. 
L'onde du tsunami, née du choc sismique du haut en bas de la masse océanique, est épaisse de plusieurs centaines de mètres et gagne en énergie chaque fois qu'elle heurte le plancher sous-marin. 
La vitesse de propagation en mer d'un tsunami est d'environ 800 km/h. Des masses d'eau géantes dévalent en profondeur le long des déformations du sol marin, à la différence des vagues ordinaires qui n'affectent que la surface de l'eau. 
Au cours de sa propagation en mer, une onde perd très peu de son énergie. Elle peut donc se propager sur des distances considérables et venir détruire des côtes situées à des milliers de kilomètres de son mécanisme générateur. 
En 1960, un tremblement de terre d'une magnitude de 9,5 sur l'échelle de Richter au Chili a déclenché un tsunami dévastateur qui a atteint les côtes du Japon. 
Lorsque le fond de l'océan remonte près des côtes, la vitesse de la vague diminue et entraîne alors une augmentation de sa hauteur, qui peut atteindre plus de 20 mètres. "La première vague a tendance à se retirer de la côte, c'est un signe précurseur bien connu pour les tsunamis", explique David Booth, sismologue à l'institut d'Edimbourg
(Ecosse). 


Risques et sociétés



Le 26 décembre 2004, le tsunami le plus puissant et le plus meurtrier que l'homme ait enregistré à ce jour a balayé l'ensemble des côtes de l'océan Indien avec des vagues atteignant localement 35 m de haut. Le bilan s'est établi aux alentours de 230 000 morts dont 168 000 pour la province d'Aceh (ou Ath), division administrative la plus septentrionale de l'archipel indonésien, dans le nord de Sumatra. Si la mémoire commune des pays occidentaux se souvient davantage des images des rivages thaïlandais où de nombreux touristes étaient massés, les dégâts et les pertes humaines ont cependant été beaucoup plus importants dans des zones plus éloignées de l'attention des médias, comme sur la pointe nord de l'île de Sumatra plongée dans un climat apocalyptique aux lendemains immédiats de la catastrophe.
Partant d'une situation de dévastation les sociétés touchées de plein fouet doivent panser leurs plaies puis s'adapter. Lorsque les premiers temps de l'attention internationale sont passés, comment sociétés et territoires ont-ils évolué ? Comment les pouvoirs publics locaux et nationaux ont-ils réagi et comment ont-ils su et pu gérer la mobilisation internationale de grande ampleur qui s'est manifestée aux lendemains des événements ?

 

Les facteurs humains de la catastrophe


Depuis 1976, la région d'Aceh était le théâtre d'un conflit sanglant entre l'armée indonésienne et le mouvement séparatiste Gera kan Aceh Médéa (GAM / Mouvement pour la liberté d'Aceh), qui dénonçait le partage jugé injuste des richesses naturelles entre l'État central et la province et revendiquait, au minimum, une large autonomie, voire l'indépendance. Les affrontements entre séparatistes et armée régulière ont chassé de nombreuses populations des montagnes vers la sécurité des villes côtières telles que Banda Aceh. Ces populations des montagnes n'avaient pas de connaissance des dangers de la mer et, lorsque les signes avant-coureurs du tsunami sont apparus, elles sont souvent allées chercher les poissons et les crustacés que le retrait initial de la mer avait abandonnés au lieu de s'enfuir.
Cette absence de culture maritime du risque a joué un rôle important dans la mortalité liée à ce tsunami. Les habitants des îles situées le long des côtes de Sumatra et comptant des populations traditionnelles de pêcheurs n'ont déploré que peu de victimes. En effet, aux premiers signes annonciateurs de tsunami, les populations lorsqu'elles le pouvaient se sont réfugiées sur les hauteurs, et les pêcheurs en mer sont partis au large afin d'échapper aux vagues meurtrières. Ces réflexes les ont sauvés.
Enfin, les femmes et les enfants, moins mobiles que les hommes dans ces sociétés traditionnelles, souvent à domicile ou sur les plages avec leurs enfants en ce tout début de matinée, ont été davantage touchés, alors que les hommes étaient nombreux en mer, à la pêche.  Chez les femmes, la mortalité a été le triple de celle des hommes et près de 40 000 enfants sont décédés. On a relevé aussi que le nombre de décès parmi les fonctionnaires et les professeurs d'université, qui habitaient en général les quartiers aisés du bord de l'océan, est bien plus élevé proportionnellement à leur part dans la population.



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