mardi 4 octobre 2016

Depuis 1976, la région d'Aceh était le théâtre d'un conflit sanglant entre l'armée indonésienne et le mouvement séparatiste Gera kan Aceh Médéa (GAM / Mouvement pour la liberté d'Aceh), qui dénonçait le partage jugé injuste des richesses naturelles entre l'État central et la province et revendiquait, au minimum, une large autonomie, voire l'indépendance. Les affrontements entre séparatistes et armée régulière ont chassé de nombreuses populations des montagnes vers la sécurité des villes côtières telles que Banda Aceh. Ces populations des montagnes n'avaient pas de connaissance des dangers de la mer et, lorsque les signes avant-coureurs du tsunami sont apparus, elles sont souvent allées chercher les poissons et les crustacés que le retrait initial de la mer avait abandonnés au lieu de s'enfuir.
Cette absence de culture maritime du risque a joué un rôle important dans la mortalité liée à ce tsunami. Les habitants des îles situées le long des côtes de Sumatra et comptant des populations traditionnelles de pêcheurs n'ont déploré que peu de victimes. En effet, aux premiers signes annonciateurs de tsunami, les populations lorsqu'elles le pouvaient se sont réfugiées sur les hauteurs, et les pêcheurs en mer sont partis au large afin d'échapper aux vagues meurtrières. Ces réflexes les ont sauvés.
Enfin, les femmes et les enfants, moins mobiles que les hommes dans ces sociétés traditionnelles, souvent à domicile ou sur les plages avec leurs enfants en ce tout début de matinée, ont été davantage touchés, alors que les hommes étaient nombreux en mer, à la pêche.  Chez les femmes, la mortalité a été le triple de celle des hommes et près de 40 000 enfants sont décédés. On a relevé aussi que le nombre de décès parmi les fonctionnaires et les professeurs d'université, qui habitaient en général les quartiers aisés du bord de l'océan, est bien plus élevé proportionnellement à leur part dans la population.


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