mardi 11 octobre 2016

Comment naviguer sur internet en sécurité ?
Mouchards, cookies, piratage, fantaisies des serveurs : les surfs peuvent réserver de bien mauvaises surprises. Sans tomber dans la paranoïa, il vaut mieux être vigilant.
En connectant son ordinateur à Internet, on expose celui-ci à de nouveaux risques : intrusion, espionnage ou plantage des serveurs. La protection absolue n'existe pas, mais il est tout de même possible de réduire la probabilité d'une mauvaise aventure en prenant quelques précautions élémentaires ou encore en installant des cerbères logiciels.
Démasquer les agents de surveillance
Lorsque vous vous connectez à un site, votre propre navigateur commence par lui transmettre des informations sur votre matériel et sur vos logiciels, ainsi que votre adresse IP. C'est ainsi que le site pourra éventuellement vous transmettre une version différente de la page selon que votre ordinateur est un PC ou un Macintosh, ou bien que vous utilisez Netscape ou Internet stockage de ces informations est illégal s'il n'a pas été au préalable déclaré auprès de la Cnil (Commission nationale informatique et libertés). D'ailleurs, la visite du site de cet organisme  édifiante : on vous y invite à découvrir, dans la partie Vos traces, le type de renseignements que vous laissez lors de vos pérégrinations sur le Web. Vous aurez la surprise de constater ce que le site sait de votre ordinateur : type de processeur, système d'exploitation et version du n vous voulez poursuivre plus loin votre enquête, allez donc Vous découvrirez que ce dernier connaît votre ordinateur mieux que vous ! Il vous donnera la liste des plug-ins installés et des applets Java activées, autant de détails traduisant une fouille en règle de votre système d'exploitation. Il indiquera également la suite des serveurs par lesquels vous êtes passés (sans le savoir) avant de parvenir sur cette page. Contre ce voyeurisme, il n'existe pas de parade efficace. La seule disposition que vous puissiez prendre est d'interdire les cookies, mais cette précaution n'empêche pas l'envoi au site des informations sur la configuration de votre ordinateur. En outre, comme nous En connectant son ordinateur à Internet, on expose celui-ci à de nouveaux risques : intrusion, espionnage ou plantage des serveurs. La protection absolue n'existe pas, mais il est tout de même possible de réduire la probabilité d'une mauvaise aventure en prenant quelques précautions élémentaires ou encore en installant des cerbères logiciels.
Démasquer les agents de surveillance
Lorsque vous vous connectez à un site, votre propre navigateur commence par lui transmettre des informations sur votre matériel et sur vos logiciels, ainsi que votre adresse IP. C'est ainsi que le site pourra éventuellement vous transmettre une version différente de la page selon que votre ordinateur est un PC ou un Macintosh, ou bien que vous utilisez Netscape ou Internet stockage de ces informations est illégal s'il n'a pas été au préalable déclaré auprès de la Cnil (Commission nationale informatique et libertés). D'ailleurs, la visite du site de cet organisme  édifiante : on vous y invite à découvrir, dans la partie Vos traces, le type de renseignements que vous laissez lors de vos pérégrinations sur le Web. Vous aurez la surprise de constater ce que le site sait de votre ordinateur : type de processeur, système d'exploitation et version du n vous voulez poursuivre plus loin votre enquête, allez donc Vous découvrirez que ce dernier connaît votre ordinateur mieux que vous ! Il vous donnera la liste des plug-ins installés et des applets Java activées, autant de détails traduisant une fouille en règle de votre système d'exploitation. Il indiquera également la suite des serveurs par lesquels vous êtes passés (sans le savoir) avant de parvenir sur cette page. Contre ce voyeurisme, il n'existe pas de parade efficace. La seule disposition que vous puissiez prendre est d'interdire les cookies, mais cette précaution n'empêche pas l'envoi au site des informations sur la configuration de votre ordinateur. En outre, comme nous le verrons plus loin, l'interdiction des cookies empêche l'accès à de nombreux sites.

Surveiller les cookies

Un cookie est un petit texte contenant des informations sur l'une de vos visites à un site Web. C'est votre propre navigateur qui l'écrit, à la demande du site.Prenons l'exemple de Joli-Site, auquel vous vous connectez pour la première fois. Le serveur de ce site note les pages que vous visitez, les publicités sur lesquelles vous cliquez, les réponses que vous fournissez à des questions, etc. Mais il ne les stocke pas chez lui : il les envoie à votre navigateur en lui disant Enregistre ces informations dans le cookie jdupont @jolisite.fr.Votre navigateur s'exécute, crée un petit texte, y inscrit les informations transmises par Joli-Site et l'enregistre avec le nom indiqué dans le sous-dossier Cookie du dossier Windows de votre disque dur. Plus tard, vous décidez de revenir sur Joli-Site. Au tout début de la connexion, votre navigateur envoie le cookie au serveur du site, qui le décortique avec délectation. Il peut ainsi savoir quels sont vos centres d'intérêt et afficher les bannières publicitaires en conséquence, ainsi que vous saluer d'un Bonjour jdupont !Un même serveur peut demander plusieurs cookies par visite, les bannières publicitaires également. Initialement, seul le site qui avait créé le cookie avait le droit de le relire. Mais en réalité des sites tiers sont capables de récupérer des cookies créés par d'autres. C'est le cas notamment descookies publicitaires, une même bannière pouvant se retrouver sur de nombreux sites.Cette possibilité est inscrite dans le cookie lui-même : il est dit interne si seul le site qui l'a créé peut le relire et tierce partie si d'autres sites y ont accès. Contrairement à une idée répandue, un cookie ne contient pas votre adresse e-mail.Vous pouvez limiter, contrôler voire interdire l'usage des cookies. Dans le menu Outils d'Internet Explorer, lancez Options Internet..., puis cliquez sur l'onglet Confidentialité.Le curseur vertical règle le niveau de sécurité. La palette s'étend de Accepter tous les cookies à Bloquer tous les cookies. La protection maximale restreint votre liberté de navigation, car de nombreux sites vous refuseront purement et simplement l'accès ! Entre ces deux extrêmes, quatre positions intermédiaires limitent l'interdiction à certains types de cookies, par exemple ceux qui contiennent des informations personnelles. Pour chacune des positions du curseur, en cliquant sur le bouton Avancé..., vous pourrez ajuster plus précisément le contrôle des cookies.Dans la nouvelle fenêtre, cochez Ignorer la gestion automatique des cookies et vous pourrez décider d'accepter ou de 

















Ce lundi 15 septembre, des milliers d’écoliers ont, fièrement, porté leurs tabliers et leurs cartables pour aborder une nouvelle année scolaire. Au même moment, d’autres enfants se trouvent forcés à porter des tenues de travail après avoir, définitivement, quitté l’école et basculé dans le monde des responsabilités.
Ces jeunes, qui entament une vie d’adultes prématurée, n’ont pas vraiment le choix. Malgré leur présence de plus en plus remarquable dans les souks ou dans les ateliers d’artisans, peu de gens s’en indignent.
Devant le grand marché de l’Ariana, des enfants sont là, à vendre des légumes ou à transporter des marchandises. Omar et sa sœur vendent des pois chiche, de la Malsouka et des sacs en plastique devant la grande porte du souk. Plus jeune que son frère, la gamine est handicapée. «Elle ne marche plus, depuis qu’elle est toute petite », explique son frère ainé.
Incapables de financer leurs études, leurs parents les emmènent, chaque matin, au souk. Parfois, ils se déplacent vers des marchés plus éloignés et plus grands. Omar, 15 ans, a arrêté l’école depuis trois ans, au niveau de la 7ème année collège. Sa sœur qui n’a même pas une chaise roulante a été contrainte à quitter les bancs de l’école en 5ème année primaire.
Mal à l’aise, Omar avait les mots rares pour décrire ce qu’il ressentait par rapport à sa situation.
Prochainement, je vais bosser chez le mécanicien de mon quartier. Pour le moment, j’aide ma sœur à venir vendre la Malsouka … Après trois ou quatre ans d’apprentissage, je pourrais partir en Italie ou en France. Le travail ne me dérange pas …C’est ma sœur qui me fatigue le plus. Elle grandit et je ne peux plus la porter. Nous avons plusieurs difficultés à rentrer chez nous même si des gens, ici, nous aident de temps en temps…», raconte Omar, tout en nous invitant à acheter sa marchandise.
Les deux enfants ne disent rien sur l’école. La petite, elle, reste silencieuse en souriant timidement. Finalement, l’ainé se lâche: « Je n’aime pas l’école parce que c’est ennuyeux … Puis, mon père dit qu’il n’y a pas de travail après l’école. Des années et des années d’études et beaucoup d’argent dépensé pour qu’après cela, je reste dans les cafés ...», justifie Omar avec le regard malin d’un vendeur habile.
Le ministère de l’Education a publié, en 2013, un rapport qui dénombre plus de 107 mille enfants ayant abandonné l’école. En voyant le phénomène grandir d’une année à une autre sans avoir une idée claire sur ses véritables raisons, le Forum Tunisien des Droits Économiques et Sociaux (FTDES) a réalisé une étude récente sur « l’abandon scolaire volontaire: le phénomène et les causes ». Effectuée sur un échantillon de 601 enfants, l’enquête couvre trois régions, à savoir Monastir, Kasserine et Kairouan, sur l’année scolaire 2013-2014. Les enfants les plus touchés par ce phénomène sont âgés de 13 à 17 ans et issus de familles défavorisées (80%) avec des parents qui ont arrêté leur étude au niveau primaire ou n’ont en pas fait du tout.
Partir à l’étranger, aider sa famille financièrement ou simplement assurer son avenir, sont des raisons suffisantes pour que des enfants quittent l’école. Selon le président du FTDES, Abderrahmane Hedhili, 21% des jeunes émigrés, clandestinement, en 2011, sont des élèves; et 8000 jeunes ont été empêchés, dernièrement, de quitter la Tunisie pour aller en Syrie. « La raison pour laquelle nous avons décidé de faire cette étude est de révéler les réelles motivations d’abandon précoce de l’école. »
Si 43% des enfants sondés suivent une formation professionnelle, 31.9% sont au chômage (avec un énorme risque de délinquance), 22,8% travaillent et 1.43% se sont orientés vers l’enseignement religieux. Plus que la moitié de ces jeunes pense à l’émigration, même clandestine (11.4%), pour améliorer la situation de leur famille et assurer leur avenir.
Olfa Rhimi Abdelwahed, enseignante du secondaire à Kasserine, témoigne:
Je suis tout le temps appelée à affronter des situations difficiles où des jeunes élèves décident d’arrêter l’école ou y sont forcés … Je pense que la pauvreté est la première raison qui pousse ces gamins à quitter les bancs de l’école pour alléger la charge de leur famille ou pour trouver du boulot. La seconde cause, à mon sens, serait l’ennui! Oui l’ennui et le manque d’intérêt pour les études, le désespoir latent, et la quasi-certitude que les études ne mèneront nulle part, vu le nombre de chômeurs diplômés qui galèrent …. Une fois, j’ai fais des statistiques parmi mes élèves pour conclure que seuls ceux qui appartiennent à des familles aisées arrivent à s’en sortir …. Les enfants pauvres qui veulent prendre leur revanche sur la société ne sont qu’un mythe … Toutes ces causes et bien d’autres perdurent, sans aucun accompagnement, ni psychologique, ni social, ni économique …
La loi d’orientation n°80 de 2002 énonce que « l’éducation est une priorité nationale absolue et l’enseignement est obligatoire de 6 à 16 ans ». Pourtant, selon Mounir Hassine, président de la section du FTDES, à Monastir, cette loi n’est pas, toujours, appliquée. 7.8% d’élèves, dans cette tranche d’âge, ont interrompu leurs études, en 2012-2013. Selon les enquêteurs, le taux d’abandon est en ascension rapide, depuis 2011, à cause de la crise économique et sociale, notamment à « Kasserine, la ville la plus pauvre et la plus touchée par ce phénomène de l’abandon scolaire volontaire », affirme Mounir Hassine.
Selon cette étude, 66% des enfants qui ont interrompu leur scolarité sont des garçons. En exposant quelques caractéristiques de l’abandon scolaire, l’étude avance que 90% des enfants concernés ont vécu un échec scolaire, au moins une fois, avant de quitter l’école. Parmi les enfants sondés, 50% ne trouvent plus le temps et l’énergie nécessaire pour l’école, puisqu’ils aident leurs parents au travail. Les enquêteurs affirment que les enfants interrogés ne disent pas tout devant la famille. « Ce qui montre la responsabilité des parents, même si non avouée, dans l’interruption des études de leurs enfants », relève 
En 2013, 13% du budget du ministère de l’Education a été dépensé pour parer à l’échec (137 mille dinars) et à l’abandon scolaire (207 mille dinars). L’étude met l’accent sur la responsabilité de l’administration et des enseignants dans la détection d’indices avant-coureurs, chez les élèves comptant quitter l’école. Mounir Hassine explique que « ces élèves ne sont pas, forcément, violents en classe. Ils sont plutôt silencieux, démissionnaires et ne partagent pas leurs soucis avec les professeurs ou leurs camarades ». Face à une absence, l’école envoie un premier courrier aux parents de l’élève, après 4 jours. Un deuxième, au bout de 10 jours, et un dernier avertissement au bout de 17 jours. Le 21ème jour, l’administration décide un licenciement définitif de l’élève absent. Or, cette démarche bureaucratique ne traite pas le phénomène en profondeur. Selon les enquêteurs, pour freiner l’abandon scolaire, le ministère doit former les enseignants en psychologie et en pédagogie. Ainsi, la majorité d’élèves sondés affirment que leur rapport avec les enseignants sont très limités. 44.7 % affirment qu’ils n’osent jamais demander l’aide de l’instituteur pour surmonter une difficulté dans les cours.
Le rapport met l’accent sur la responsabilité historique de l’État dans la déformation du secteur et dans la détérioration du niveau de l’éducation, surtout sous l’ancien régime. Plusieurs lacunes sont difficiles à rattraper, selon le FTDES. Parmi ces lacunes, le passage automatique des élèves de 6ème année et 9ème année et les 25 % calculés dans la moyenne annuelle au baccalauréat (baissés à 20 % par Fethi Jarray, Ministre de l’éducation en août 2014). Ces mesures administratives qui ont pour objectif d’élever le niveau de réussite à l’école, ont affaibli au fil des années, le niveau d’instruction en Tunisie.
Depuis l’indépendance, la stratégie nationale de l’éducation a toujours lié l’instruction au progrès social. À partir des années 80, cette vision n’a plus collé à la réalité. Pis encore, l’enseignement, surtout à l’université, est devenu synonyme de chômage et de lourd fardeau financier pour la famille. Cette réalité influence considérablement le moral des élèves qui décrochent de l’enseignement public et préfèrent (pour ceux qui ont les moyens) les institutions privées. En plus, avec les transformations du marché du travail et leur inadéquation avec un système d’éducation usé et mal réformé, l’absence de considération vis-à-vis du savoir et de l’éducation, à leur juste valeur, n’a pas aidé à améliorer la situation.
Après la publication du rapport du FADES, le ministère de l’éducation a exprimé des réserves concernant les résultats de l’étude et ses chiffres alarmistes. Or, dans son contre-argumentaire, le ministère ne donne pas de chiffres récents et n’annonce aucune mesure pour remédier à cette situation catastrophique, même s’il l’admet implicitement. S’il y a une prise de conscience, aujourd’hui plus qu’hier, il reste encore du pain sur la planche. Des études à plus grande échelle sont nécessaires. Mais surtout, un dialogue national pour repenser, avec tous les professionnels du secteur, la qualité de l’éducation et l’encadrement social et psychologique des élèves, s’impose d’urgence.
Dans son combat de lutte contre l’abandon scolaire, Le FADES ne se limite pas à la publication de cette étude. Alan Halbi, directeur de projets au FADES nous explique qu’ un divague sociétal « aura lieu avec le ministère de l’éducation pour discuter les revendications de la société civile et du syndicat». Déicide les élections, un programme national de veille citoyenne sur les promesses électorales est en cours d’installation avec le réseau « Ristourna ». « Parmi les axes de cette veille, les promesses électorales qui concernent l’éducation » ajoute Alan Halbi.
L’Education en débats: analyse comparée (2016) 7: 47-58 ISSN 1660-7147 L’Education en débats: analyse comparée est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International. 47 L’ABANDON SCOLAIRE EN TUNISIE : ETAT DES LIEUX, CARACTERISTIQUES ET PERSPECTIVES Khaled Boughzou Université de Tunis RESUME Le phénomène de la déscolarisation en Tunisie a évolué considérablement depuis les années 1980 pour dépasser 100 000 jeunes en 2012. Il s’agit d’un seuil psychologique qui a révélé l’échec du système éducatif tunisien, et ce malgré les grands efforts consentis dans l’éducation depuis l’indépendance en 1956. En se basant sur les données d’une enquête auprès des élèves déscolarisés ainsi que sur les statistiques du ministère de l’éducation, nous avons cherché à étudier les caractéristiques de ces élèves ainsi que les raisons profondes qui ont poussé des milliers des jeunes à abandonner leur école. ABSTRACT The phenomenon of drop-out has considerably increased in Tunisia since the 1980s to reach over 100 000 youth in 2012. This is a psychological threshold which reveals the failure of the Tunisian educational system despite the great efforts made in education since the independence in 1956. Based on data from a recent survey on school drop-out as well as on statistics from the Ministry of Education, we sought to study the characteristics of these students and to analyze the underlying reasons that led thousands of young people to abandon their school. Malgré les grands efforts investis dans l’éducation ainsi que les diverses réformes introduites dans le système éducatif tunisien, le rendement interne ne s’est pas amélioré et est resté en deçà des aspirations et des attentes espérées. En effet, selon le ministère de l’éducation, plus de 100 000 élèves du primaire et du secondaire ont quitté l’école avant d’avoir terminé un cycle pour la seule année 2012-2013. Il s’agit d’un seuil psychologique qui a été dépassé et qui a mis en échec tout un système éducatif : notre école va de plus en plus mal, et remet en cause les choix et les options mis en œuvre. L’abandon ou la déperdition scolaire est le résultat de beaucoup de difficultés rencontrées par l’élève au niveau familial, scolaire et social. Bien qu’il s’agisse d’un problème international touchant beaucoup de pays, c’est son évolution très rapide qui fait que ce phénomène devient sérieusement inquiétant en Tunisie. L’Education en débats: analyse comparée (2016) 7: 47-58 ISSN 1660-7147 48 Cette contribution vise à analyser et revenir sur une série de questions relatives à la déscolarisation des jeunes : - Quelles sont les raisons profondes qui ont poussé des milliers d’élèves à quitter l’école au niveau primaire et secondaire d’une manière « volontaire » ? - Quelles sont les caractéristiques intrinsèques des élèves déscolarisés, leurs conditions familiales, socio-économiques et scolaires ? - Que faut-il faire pour arrêter ce phénomène, sinon le ralentir ? Pour répondre à toutes ces questions, nous nous baserons d’abord sur les statistiques du ministère de l’éducation collectées sur son site internet, ensuite sur un travail de terrain à travers une enquête menée par le Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux (FTDES)1 au cours de l’année 2013. 1. EVOLUTION DES INDICATEURS DE LA DEPERDITION SCOLAIRE AU NIVEAU NATIONAL A partir des statistiques du ministère de l’éducation, nous pouvons étudier le phénomène de décrochage scolaire en analysant sa répartition selon plusieurs critères. 1.1. Répartition selon les cycles scolaires Le phénomène de déscolarisation a évolué considérablement depuis les années 1980 (environ 26 000 au cours des années 1984/1985 et 57 613 en 1994/1995) pour dépasser le seuil critique de 100 000 après la révolution de 2011. Ce phénomène a touché tous les cycles à des degrés différents : - 9 887 élèves inscrits au cycle primaire soit 1% de l’ensemble des élèves ; - 48 894 élèves inscrits au cycle de base soit 10,4% de l’ensemble des élèves (avec un taux de 14,4 % pour la septième année contre 8,8% pour la neuvième année) ; - 53 871 élèves inscrits au cycle secondaire soit 11,9% de l’ensemble des élèves (avec un taux maximum de 16,1 % pour la première année contre 13,7% pour la quatrième année c'est à dire le baccalauréat). 1.2. Répartition selon l’âge et le niveau scolaire L’analyse des statistiques montre également que la déperdition est un phénomène qui concerne plutôt les jeunes entre 13 et 17 ans puisqu’ils représentent environ 78% de l’ensemble des déscolarisés au cours de 2011/2012. Le taux atteint son maximum pour les jeunes de 13 et 14 ans, c’est-à-dire au niveau de la septième année avec un nombre de 27 871, soit un taux de 24,74%, puis les jeunes de 16 à 17 1 FTDES : organisation non gouvernementale tunisienne dont le but est de défendre les droits économiques et sociaux des populations sur le plan national et international. L’Education en débats: analyse comparée (2016) 7: 47-58 ISSN 1660-7147 49 ans inscrits normalement en première année du secondaire avec un nombre de 21 644 correspondant à un taux de 19,21%. Graphique 1. Répartition selon le niveau scolaire Source : Ministère de l’Education nationale de la République tunisienne (2013) Les chiffres du graphique ci-dessus montrent qu’il existe un problème dans le système scolaire surtout au niveau du passage d’un cycle à un autre (en septième année préparatoire et en première année du secondaire). En effet, les élèves ont du mal à s’adapter aux nouvelles conditions surtout lorsqu’ils ne trouvent pas l’encadrement et le suivi nécessaire, aussi bien au sein de l’école qu’au sein de la famille. De même, l’annulation du concours de passage d’un cycle à un autre fait que bon nombre d’élèves passent d’un cycle à un autre sans avoir le niveau requis. 1.3. Répartition selon le sexe Concernant la déperdition selon le sexe, les statistiques montrent que ce phénomène est plus accentué pour les garçons que pour les filles (graphique 2). En effet, dans le cycle primaire, le nombre des garçons déscolarisés a atteint 33 055 contre 15 839 pour les filles, soit à peine la moitié. La même tendance se retrouve au cycle de base et au cycle secondaire comme le montre le graphique suivant, à part l’année du baccalauréat où les taux se trouvent renversés. 1% 2,11% 3,67% 24,74% 11,78% 6,90% 19,21% 9,86% 6,11% 12,60% 1ère - 4eme prim 5 eme prim 6eme prim 7eme prepar 8eme prepar 9eme prepar 1ère sec 2eme sec 3eme sec 4eme sec L’Education en débats: analyse comparée (2016) 7: 47-58 ISSN 1660-7147 50 Graphique 2. Répartition de la déperdition selon le sexe Source : Ministère de l’Education nationale de la République tunisienne (2013) Ceci s’explique par le fait que les filles s’attachent plus à leur scolarité sinon elles se retrouvent emprisonnées à la maison alors que les garçons, constatant le chômage des jeunes diplômés, ne voient plus d’utilité de continuer leurs études et se retrouver dans les mêmes difficultés que leurs amis plus âgés qu’eux. 2. ANALYSE DES DONNEES DE L’ENQUETE L’enquête menée par le Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux a porté sur un échantillon de 601 jeunes tunisiens ayant quitté très tôt les bancs de l’école « volontairement ». Ces cas sont répartis entre trois gouvernorats : 262 issus du gouvernorat de Monastir situé sur la cote, 187 originaires de Kairouan situé au centre, et 152 natifs de la ville de Kasserine située vers l’ouest. Le choix de ces trois régions ne s’est pas fait de manière aléatoire. Les trois gouvernorats sont le meilleur échantillon qui traduit nettement la disparité régionale, la marginalisation ainsi que la pauvreté. L’enquête a utilisé deux questionnaires : le premier destiné aux institutions scolaires pour connaitre l’espace éducatif ainsi que leurs conditions de travail en relation avec les différents acteurs, et le deuxième destiné aux élèves décrocheurs afin de déceler les raisons et les facteurs qui poussent ces enfants à quitter précocement l’école et comprendre le type de relations qu’ils ont avec leur milieu familial, éducatif et social. Concernant la répartition selon l’âge et le sexe, les données de l’enquête montrent les mêmes tendances que celles à l’échelle nationale, c’est à dire une prédominance masculine des jeunes déscolarisés et ayant l’âge de 13 à 17 ans. Par ailleurs, les données de l’enquête ont révélé que 71% des jeunes interrogés ont abandonné l’école pour des raisons purement scolaires, 12,3 % pour des raisons matérielles, 8,14% pour 58% 57% 64% 46% 42% 43% 36% 53% PREMIERE DEUXIEME TROISIEME QUATRIEME GARCON FILLE L’Education en débats: analyse comparée (2016) 7: 47-58 ISSN 1660-7147 51 des raisons familiales, 5,25% pour des raisons de santé, et 3% pour d’autres raisons telles que le mariage, notamment pour les filles. 2.1. Facteurs scolaires Il faut noter à ce niveau la grande dégradation qui caractérise la relation entre l’élève et son milieu scolaire. En effet, un grand nombre des interrogés ont déclaré qu’ils ne sont pas satisfaits, ni épanouis au sein de leurs institutions. Ils sont plutôt frustrés. Pire encore, 80% d’entre eux ont déclaré qu’ils ont été victimes, au moins une fois, d’une agression morale, verbale et même physique par le corps enseignant et administratif, tout ceci sans avoir aucun droit de recours. Par ailleurs, 90% des déscolarisés ont échoué au moins une fois durant leurs parcours solaires. Ces échecs perturbent l’enfant et compliquent sa situation scolaire. En effet, l’enfant qui redouble trouve des difficultés d’intégration avec ses nouveaux camarades et perd confiance en lui-même. Il devient très fragile et sensible aux moindres remarques provenant de son entourage scolaire, familial ou social. Ainsi, en l’absence de soutien ou suivi psychologique, le redoublement risque de générer d’autres redoublements, puis l’abandon. Concernant la qualité des programmes, l’analyse des données de l’enquête montre que l’abandon de l’école peut trouver ses origines dans les programmes proposés. En effet, plus de 50% des déscolarisés déclarent qu’ils sont très chargés et contiennent parfois des matières redondantes d’une année à une autre et donc sans utilité, et ainsi que des matières difficiles pour eux ou mal présentées par l’enseignant. D’ailleurs, un grand nombre des interrogés considèrent que leurs difficultés proviennent entre autres de la qualité des enseignants ainsi que de la pédagogie adoptée (graphique 3). Graphique 3. Répartition selon la participation en classe Source : FTDES (2013) 19,17% 57,83% 23% TOUJOURS PARFOIS JAMAIS L’Education en débats: analyse comparée (2016) 7: 47-58 ISSN 1660-7147 52 2.2. Facteurs matériels La majorité des jeunes déscolarisés appartient à des familles nombreuses avec en moyenne six enfants, ce qui constitue une charge importante quant aux frais de scolarité, ceci d’autant plus que ces familles sont généralement très pauvres. En effet, 85,57% des déscolarisés appartiennent à des familles pauvres contre 14,4% seulement à des familles riches. De même, 53% des déscolarisés déclarent que leurs pères sont des journaliers n’ayant pas de revenu stable (graphique 4) et que leurs mères restent à la maison pour des tâches domestiques. Graphique 4. Répartition selon le travail du père Source : FTDES (2013) Ces difficultés matérielles conjuguées à des conditions logistiques difficiles dans le milieu rural poussent l’élève à abandonner ses études pour aider sa famille, notamment dans les petites tâches agricoles. Aussi, l’absence d’une cantine scolaire, le grand trajet parcouru à pied quotidiennement par l’élève le matin et surtout l’après-midi, et la fatigue d’une longue journée loin de la maison empêchant l’élève de réviser ses cours le soir, sont autant de facteurs propices à la déperdition scolaire. 2.3. Facteurs sociaux D’après l’enquête, le niveau scolaire des parents et surtout des pères entre en considération dans ce phénomène de déscolarisation. En effet, par rapport aux élèves ayant quitté l’école, 12,3% des pères sont analphabètes, 42% ont un niveau primaire, 35% ont un niveau secondaire, et seuls 10,3% ont un niveau universitaire. Pour ce qui est de la mère, cette tendance est encore plus accentuée (graphique 5). 53% 9% 12% 5% 16% 5% journalier artisan ouvrier commercant fonctionnaire decedé L’Education en débats: analyse comparée (2016) 7: 47-58 ISSN 1660-7147 53 Graphique 5. Répartition selon le niveau scolaire de la mère Source : FTDES (2013) Par ailleurs, en poussant l’analyse pour mieux comprendre la situation des jeunes déscolarisés, nous trouvons que 43,75% ont intégré un centre de formation professionnel, 22,86% ont trouvé un petit travail, et les autres, soit 31,96%, sont au chômage. Il est aussi important de noter que nous assistons dernièrement à l’apparition des écoles coraniques. En effet, après la révolution et avec la montée au pouvoir du parti islamiste, nous remarquons que 1,43% des parents préfèrent et orientent leurs enfants vers ce type d’écoles. 3. QUELQUES REFLEXIONS ET RECOMMANDATIONS POUR LUTTER CONTRE L’ABANDON SCOLAIRE L’aggravation de la déperdition a coïncidé avec une tendance de massification de l’enseignement constatée depuis une dizaine d’années en Tunisie. Il s’agit bel et bien d’une massification et non d’une démocratisation prétendue par le régime. En effet, les données de l’enquête ont montré que ce phénomène concerne plutôt les pauvres, et que l’école n’assure pas l’égalité des chances, mais elle justifie la reproduction sociale. Nous proposons dans ce qui suit de développer quelques réflexions relatives à ces deux aspects, à savoir le problème de la massification de l’enseignement ainsi que la mobilité sociale. Puis, nous nous intéresserons au choix de la formation professionnelle comme étant une des principales voies alternatives possibles pour lutter contre la gravité du phénomène étudié. 3.1. Massification de l’enseignement Depuis maintenant quelques années, la Tunisie connait une massification de l’enseignement dans tous les cycles : primaire, préparatoire, secondaire et supérieure. Il est évident que pour les trois premiers cycles, ceci est un objectif longuement recherché ; il constitue même la raison d’être et l’objectif principal du programme de l’EPT mis en application durant le début des années 1990. Cependant, pour le cycle supérieur, cette massification a entrainé une hausse incontrôlable des diplômés chômeurs atteignant 200 000, soit un chiffre qui dépasse de loin la 44,26% 23,99% 4,39% 27,36% PRIMAIRE SECONDAIRE UNIVERSITAIRE ANALPHABETE L’Education en débats: analyse comparée (2016) 7: 47-58 ISSN 1660-7147 54 capacité d’absorption de l’économie. En effet, en Tunisie, le rapport entre nombre d’étudiants et population est de 4,5% alors qu’il est seulement de 3,6% en France avec une population six fois plus importante. Par ailleurs, cette massification de l’enseignement supérieur, outre le problème du chômage qu’il pose, cache un autre problème encore plus grave, à savoir la dégradation du niveau scolaire des élèves qui arrivent à l’université après avoir passé leur baccalauréat. In fine, il s’agit d’un problème du cycle supérieur mais qui trouve ses origines dans le cycle secondaire et même préparatoire. Pour comprendre les causes de cette dégradation, il est important de revenir sur les différentes étapes du parcours éducatif qui a conduit à cette qualité d’output. La réforme de 1989-1990 est introduite dans le système éducatif à travers plusieurs mesures dont notamment : - La suppression du concours national pour le passage d’un cycle à un autre ; - Le passage d’une classe à une autre est presque automatique, le redoublement étant une exception, surtout pour le cycle primaire - L’introduction des écoles pilotes pour les élèves ayant réussi un concours national facultatif. Certes, ces mesures visent à offrir la possibilité d’une éducation pour tous jusqu’à un âge avancé, mais malheureusement, la quantité ne peut se faire au dépend de la qualité. En effet, les bacheliers arrivant à l’université se trouvent généralement dépourvus du minimum de connaissances, aussi bien dans les langues que dans les matières scientifiques. Ceci s’est davantage empiré avec une autre réforme en 2002 qui consistait à intégrer 25% de la moyenne annuelle obtenue en terminale dans le calcul de la moyenne de l’examen du baccalauréat. Résultat : les cours supplémentaires assurés par les professeurs de la matière enseignée se sont intensifiés, malgré l’interdiction, et ce, non pas dans un souci d’enrichissement et de consolidation des acquis, mais dans le but de gonfler les notes et la moyenne annuelle. Les lycées privés en ont également profité en ouvrant leurs portes à tous ceux qui ne peuvent pas réussir par leurs propres moyens dans les écoles publiques. L’impact de toutes ces mesures est désastreux sur le niveau des élèves ; seul les élites qui viennent des écoles pilotes se trouvent épargnées. En revanche, d’autres problèmes se posent pour ces derniers : généralement orientés vers les écoles d’ingénieur, ces étudiants partent en fin de cursus à l’étranger soit pour des études approfondies, soit pour des stages. Mais malheureusement, dans la plupart des cas, ce départ reste sans retour étant donné les opportunités alléchantes qui s’offrent à ces jeunes. Il en résulte que le pays investit et sélectionne les meilleurs pour s’en priver par la suite au moment de la « révolte ». Face à cette vérité de la dégradation du niveau scolaire, beaucoup de voix, provenant des différents acteurs allant des enseignants, des parents et surtout professionnels, réclament une révision de fond de notre système éducatif, notamment le rétablissement des concours nationaux au niveau du passage d’un cycle à un autre, ainsi que la révision des modalités de réussite au baccalauréat. Constat entendu par le ministère qui a décidé de rétablir l’ancien L’Education en débats: analyse comparée (2016) 7: 47-58 ISSN 1660-7147 55 régime des concours à partir de cette année. Est-ce la bonne décision ? En tout cas, cela va créer un grand débat puisqu’il y a déjà ceux qui contestent l’utilité de cette décision qui, selon eux, va aggraver et multiplier le taux d’abandon scolaire. 3.2. Mobilité sociale La gratuité de la scolarité, l’équité, l’obligation de l’école sont quelques-uns des slogans que nous retrouvons souvent dans les discours des acteurs politiques, mais la réalité est toute autre. En effet, après avoir lancé l’école de base avec pour mission principale de faire baisser le niveau des déperditions scolaires, notamment des milieux défavorisés, force est de constater qu’entre temps, le nivellement par l’argent ou plus exactement par la position sociale des parents s’exerce de plus en plus pour aggraver les inégalités présentes depuis le préscolaire jusqu’aux études supérieures, et même lors de la recherche d’emploi. Justement, les données de l’enquête, montrent que les inégalités sociales, se sont reproduites à travers les éléments suivants : - Des inégalités au démarrage entre enfants favorisés et défavorisés. Le fils de médecin a plus de moyens d’appréhension pédagogique, matérielle et culturelle que la fille d’un ouvrier agricole ; - L’école n’est pas unique. Une école en banlieue de Tunis n’a pas les mêmes atouts qu’une école au fin fond du pays : professeurs, encadrement, logistique, matériel pédagogique, elle n’a pas non plus les mêmes élèves. - Dans les écoles d’ingénieurs, la faculté de médecine ou de pharmacie, nous trouvons plutôt les fils des familles aisées. Ceux des familles défavorisées se situent plutôt dans les facultés de lettres, de sciences humaines et sociales caractérisées par leur faible employabilité. Finalement, l’école – longuement considérée comme étant un ascenseur social – s’avère aujourd’hui incapable de briser les inégalités sociales. En effet, au lendemain de l’indépendance et jusqu’aux années 1980, période pendant laquelle la Tunisie a connu une transformation socioéconomique profonde caractérisée par l’émergence d’une classe moyenne importante, nous assistions à une pénurie de qualification par rapport aux besoins de l’économie qui s’oriente de plus en plus vers des secteurs demandeurs de jeunes diplômés (industrie ou tourisme). Pour combler ce déficit, l’Etat allait jusqu’à puiser dans les niveaux scolaires inférieurs pour promouvoir les jeunes à des postes de cadre supérieur. De ce fait, l’obtention d’un diplôme pour le fils d’un agriculteur ou d’un artisan était devenu synonyme d’une mobilité et d’une ascension sociale rapide. Pendant un certain temps, ce système a bien fonctionné, et l’ascenseur social est devenu un rêve permis pour les classes défavorisées. Cependant, nous avons déchanté aussi vite, et nous nous rendions compte rapidement qu’il s’agissait là d’une illusion puisque n

mardi 4 octobre 2016



Quand est-on obèse ?

Comment définit-on l'obésité ?
D'un point de vue médical, l'obésité est un "excès de masse grasse entraînant des inconvénients pour la santé

Les causes sont nombreuses et souvent multi factorielles;
·         Les facteurs génétiques 70 % des obèses ont, au moins, un parent dans la même situation. Les anomalies génétiques entraînent une diminution de la dépense au repos et à l'effort physique, une diminution de la dépense énergétique après les repas et une répartition particulière du tissu adipeux ou masse grasse. Cependant, on considère qu'ils ne sont pas suffisants pour expliquer l'apparition de l'obésité, sauf pour la maladie de Prader-Willi (très rare).
·         Les facteurs alimentaires un excès d'apport calorique, en particulier issu d'aliments gras et sucrés, par rapport aux besoins de l'organisme, conduit à l'obésité. En outre, les troubles du comportement alimentaire (grignotages, compulsions alimentaires pour certains aliments, boulimie) interviennent également dans la prise de poids.
·         Les facteurs psychologiques en cas de grande détresse ou de stress, on observe une compensation par la nourriture, notamment par des aliments réconfortants très caloriques.
·         Un trouble de la prise alimentaire des molécules chargées de transmettre des messages dans le cerveau, les neuromédiateurs, sont impliqués dans la régulation de la prise alimentaire. Certains la stimulent, d'autres l'inhibent. Ils sont en partie impliqués dans la survenue des troubles alimentaires.
·         L'insuffisance des dépenses énergétiques quotidiennes l’absence d’exercices physiques quotidiens et une trop importante sédentarité (fixation devant les écrans notamment) conduisent à une réduction des dépenses énergétiques et à un déséquilibre défavorable par rapport aux apports alimentaires.
·         Le manque de sommeil : en France, la durée du sommeil chez les 18-55 ans est de 7h en semaine avec un tiers des adultes qui dort moins de 6h par nuit. Quant aux adolescents, la moitié d’entre eux dort moins de 8h par nuit alors qu’une durée de 8h30 à 9h15 est recommandée. Or différentes études ont montré une association épidémiologique entre une durée de sommeil courte et un indice de masse corporelle élevé lié à l’obésité. Lorsque la durée du sommeil est inférieur
·          
·         Les solution contre l’obésité
·          
·         La méthode employée pour soigner l'obésité dépend de plusieurs facteurs. Le degré d'obésité, la motivation de la personne, son état de santé général peuvent tous influencer le traitement que l'on choisira. L'approche nutritionnelle est bien sûr le moyen privilégié pour permettre à une personne obèse d'atteindre et de conserver un indice de masse corporelle en deçà des critères d'obésité. Mais le traitement peut aussi comprendre un programme d'exercices physiques, certaines thérapies visant à modifier les comportements alimentaires déficients voire même des opérations chirurgicales.

 

    I.            Régime alimentaire

La première préoccupation du régime est de pouvoir réduire graduellement l'apport énergétique, c'est-à-dire le nombre total de calories, pour permettre une perte de poids de 0,5 à 1 kilogramme par semaine. On estime que pour perdre une livre par semaine, l'apport énergétique doit être diminué de 500 calories par jour, et que pour perdre l kilogramme, il faut soustraire 1000 calories par jour. On recommande de choisir des aliments riches en glucides complexes qui contiennent aussi des fibres alimentaires, ces dernières contribuant à obtenir une sensation de satiété rapidement, même avec un apport en calories plus faible. Comme la perte de poids entraîne une diminution du métabolisme basal, l'apport énergétique total devra être révisé régulièrement. Après deux semaines de régime restreint en énergie ou de jeûne, le métabolisme basal peut diminuer jusqu'à 20

 II.            Activité physique

L'exercice physique est un aspect important du traitement de l'obésité. Un programme régulier d'exercices physiques présente de multiples avantages. En plus d'améliorer la condition physique générale, l'activité physique permet de prévenir de nombreuses maladies, comme les maladies cardiovasculaires. Elle augmente la dépense énergétique et favorise la perte de la masse adipeuse au profit de la masse musculaire. Elle contribue aussi à diminuer l'effet de la perte de poids sur le métabolisme basal. On considère qu'un programme de 30 minutes d'exercices modérés par jour est bénéfique dans tous les cas d'obésité. Si l'activité physique est plus intense, la dépense d'énergie sera plus grande

III.            Thérapies du comportement

Nous avons dit précédemment que le comportement était une des causes de l’obésité. Comme solution, il existe donc des thérapies du comportement
Cette approche donne de très bons résultats et permet à beaucoup de personnes obèses de changer leurs habitudes alimentaires une fois pour toutes. Ce genre de démarche fait maintenant partie intégrante de la plupart des plans d'amaigrissemen

IV.            Régimes  " miracles" 

Plusieurs régimes très restreints en énergie sont encore populaires parce qu'ils font perdre du poids rapidement. On estime généralement que les régimes qui apportent moins de 1200 calories par jour peuvent être dangereux pour la santé. Ils peuvent entraîner des problèmes cardiaques et provoquent une forte diminution du métabolisme basal, en plus de causer différents effets secondaires, comme la fatigue, la nervosité, les étourdissements et l'anémie. De plus la plupart du temps ils n’ont aucune efficacité à long terme car ils adaptent le corps à une consommation réduite de calories ce qui fait qu’après le régime, il subsiste un excédent de calorie par rapport aux dépenses. 



  V.            Traitements médicamenteux

Deux médicaments sont disponibles actuellement :
·        La sibutramine, commercialisée en France depuis mai 2001. Elle agit comme inhibiteur de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline. Les principaux effets secondaires sont une augmentation de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle au repos. Elle ne doit être prescrite, après révélation de l'inefficacité d'un régime seul, qu'aux patients dont l'IMC est au moins égal à 30 kg/m2 ou à 27 kg/m2 et présentant un facteur de risque supplémentaire tel que le diabète de type II ou une dyslipidémie.

·        Le Xénical qui bloque une partie de l'absorption des graisses ingérées dans les aliments (30 %). Il permet d'éliminer 30 g de graisses par jour soit l'équivalent de 300 calories. Il n'a pas d'effets secondaires sur le système nerveux, cardiaque ou pulmonaire. Il agit uniquement sur l'intestin.

Rappelons que les médicaments coupe-faim, les anorexigènes, ont été retirés du marché européen en avril 2000. Ils sont soupçonnés d'avoir de graves effets secondaires.

VI.            Chirurgie amaigrissante

Tout d'abord, il faut avoir une obésité avec un IMC supérieur à 40 ou 35 (selon certains symptômes):
·         diabète
·         hypertension
·         apnée du sommeil
·         destruction des articulations ...
Il faut  avoir entre 18 et 65 ans pour être opéré en France.
Il faut être gêné par l’obésité dans notre vie quotidienne, et se rende compte qu’on est devenu moins efficace depuis notre obésité (pour qu'entre autre l'opération serve à quelque chose.)
Enfin, il faut que l’obésité soit installée depuis plus de 5 ans.
La chirurgie de l’estomac n’est pas dénuée de danger. Outre les accidents liés à l’opération elle-même, la personne opérée peut souffrir de carences, surtout dues aux vomissements répétés et persistants, et aussi à un dégoût pour certains aliments, en particulier les viandes. On observe aussi des manifestations de dénutrition, des troubles nerveux, des anémies. La tendance aux boulimies et aux compulsions alimentaires est courante. Des dépressions et des troubles psychiatriques divers semblent fréquents. Le devenir à long terme de ces patients est cependant mal connu.

.