mardi 27 septembre 2016

L’économie informelle en Tunisie : Etat des lieux et solutions possibles



uyui
L'économie informelle représente 38% du PIB tunisien, un chiffre qui suscite la colère des patrons et l'inquiétude des responsables et des économistes



Les institutions financières internationales tirent, elles aussi, la sonnette d'alarme, estimant que cette activité ne cesse de gagner du terrain dans le pays, pour représenter, selon des estimations moins optimistes, 53% du PIB, l'équivalent de 40 milliards de dinars, selon Moe Joui, président de l'Association tunisienne de la gouvernance (ATG).
Ce phénomène a toujours existé en Tunisie, comme partout dans le monde, mais il s'est aggravé après la révolution, avec l'affaiblissement des systèmes de contrôle de l'Etat, entraînant un manque à gagner au niveau des recettes fiscales estimé à 2 milliards de dinars par an, a indiqué l'expert dans une déclaration à l'agence Tapa.
Menaces sur la sécurité et l’économie
Selon des statistiques publiées par la Banque Mondiale, le secteur informel en Tunisie emploie 54% de la main d'œuvre. Il compte 524.000 micro-entreprises, soit 35% du tissu entrepreneurial national.
Plus grave encore, a ajouté M. Jodi, ce phénomène touche tous les secteurs et tous les produits, sans exception: produits alimentaires, pharmaceutiques, énergie, santé, produits subventionnés…, mais aussi les armes et les devises, d’où son impact négatif sur la sécurité et l’économie du pays.
«Le volume du marché noir de devises est considérable en Tunisie. Il s'agit de milliards qui s'échangent en dehors des circuits réglementaires, ce qui impacte négativement la valeur du dinar tunisien», a-t-il souligné.
Selon une enquête de terrain, menée par l'économiste Mohamed Hadda, les transferts de devises vers l’étranger dans la région de Ben Guérande (sud-est, à la frontière libyenne) sont évalués entre 1 et 3 millions de dinars (MD) par jour, soit l'équivalent de 750 MD par an.
Ce marché de devises est contrôlé par 5 principaux banquiers au noir («parafa»), emploie entre 250 et 300 agents de change, offre des prestations quotidiennes et au comptant et concerne toutes les devises.
«Le marché informel aggrave l'inflation, dans la mesure où l'Etat ne parvient pas à le gérer, ni en maîtriser ses règles, puisqu’il est approvisionné à partir des circuits irréguliers», a encore indiqué M. jeudi, qui a souligné également les répercussions négatives de ce marché sur la Caisse générale de compensation, dont les charges ont explosé au cours des 4 dernières années, en raison de la contrebande des produits subventionnés avec les pays voisins. Les institutions financières internationales tirent, elles aussi, la sonnette d'alarme, estimant que cette activité ne cesse de gagner du terrain dans le pays, pour représenter, selon des estimations moins optimistes, 53% du PIB, l'équivalent de 40 milliards de dinars, selon Moët Judi, président de l'Association tunisienne de la gouvernance (ATG).
Ce phénomène a toujours existé en Tunisie, comme partout dans le monde, mais il s'est aggravé après la révolution, avec l'affaiblissement des systèmes de contrôle de l'Etat, entraînant un manque à gagner au niveau des recettes fiscales estimé à 2 milliards de dinars par an, a indiqué l'expert dans une déclaration à l'agence Tapa.
Menaces sur la sécurité et l’économie
Selon des statistiques publiées par la Banque Mondiale, le secteur informel en Tunisie emploie 54% de la main d'œuvre. Il compte 524.000 micro-entreprises, soit 35% du tissu entrepreneurial national.
Plus grave encore, a ajouté M. Jodi, ce phénomène touche tous les secteurs et tous les produits, sans exception: produits alimentaires, pharmaceutiques, énergie, santé, produits subventionnés…, mais aussi les armes et les devises, d’où son impact négatif sur la sécurité et l’économie du pays.
«Le volume du marché noir de devises est considérable en Tunisie. Il s'agit de milliards qui s'échangent en dehors des circuits réglementaires, ce qui impacte négativement la valeur du dinar tunisien», a-t-il souligné.
Selon une enquête de terrain, menée par l'économiste Mohamed Hadda, les transferts de devises vers l’étranger dans la région de Ben Guérande (sud-est, à la frontière libyenne) sont évalués entre 1 et 3 millions de dinars (MD) par jour, soit l'équivalent de 750 MD par an.
Ce marché de devises est contrôlé par 5 principaux banquiers au noir («Sarana»), emploie entre 250 et 300 agents de change, offre des prestations quotidiennes et au comptant et concerne toutes les devises.
«Le marché informel aggrave l'inflation, dans la mesure où l'Etat ne parvient pas à le gérer, ni en maîtriser ses règles, puisqu’il est approvisionné à partir des circuits irréguliers», a encore indiqué M. Jodi, qui a souligné également les répercussions négatives de ce marché sur la Caisse générale de compensation, dont les charges ont explosé au cours des 4 dernières années, en raison de la contrebande des produits subventionnés avec les pays voisins.




Le blanchiment de l’argent de la contrebande
Le président de l'ATG a mis en garde contre les pratiques des contrebandiers, qui blanchissent leur argent à travers des actions associatives. «La Tunisie compte aujourd'hui plus de 17.000 associations, alors que seules 20 d’entre elles répondent aux exigences légales. Parmi ces associations, il y en a qui servent de couverture pour le blanchiment de l’argent des barons de la contrebande», a-t-il encore révélé, en insistant sur la nécessité d'élaborer une stratégie claire pour faire face à ce fléau de l'économie informelle.
«Il ne suffit plus de saisir la marchandise ou de mettre en échec une tentative de contrebande. Nous devons aller au-delà, en arrêtant ceux qui sont derrière l'ensemble du trafic», a-t-il insisté, en expliquant que «les agents de sécurité connaissent les grands barons de la contrebande, mais ne peuvent pas les arrêter.»


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